JE SUIS VENU TE DIRE…

14/04/2009 à 00:55

Vous êtes ces dernières semaines environ 5 par jour à fréquenter ce blog. Cinq visiteurs uniques, comme on dit dans le jargon. Dans le langage plus commun –le mien, du moins- on peut appeler ça un échec. Un échec à causes multiples, la problématique du manque de mises à jour n’étant pas la moindre… Vous avez été par contre un poil plus nombreux à acheter, lire et apprécier notre magazine PDF.

Qu’est-ce qu’on fait, dans ces cas là, chez les grands stratèges et autres esclaves de l’audimat ?

On arrête le blog et on se concentre à 3000% sur le mag, œuf de course…

Alors voilà, en quelques mots cash et sans appel plutôt qu’au final d’un interminable discours hypocrite et mensonger : CHUPACABRA sous la forme de ce site et de ce blog, c’est FINI, du moins en hibernation jusqu’à ce que l’hébergeur nous foute dehors faute de loyer annuel !!! Par contre CHUPACABRA MAGAZINE, la suite sera là en juin comme prévu depuis belle lurette. Où ça ?

Sur sergecoosemans.com, tout simplement : le nouveau blog/site du Patron !!!

 

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Yale en Pyjama

03/04/2009 à 00:42

Par Le Patron, insomniaque printannier

porn20uniOn no-life une époque formidable, bien que totalement nerdique. Mes scores perso : GTA 3, fini en moins de 6 mois. Manhunt 1 : 3 semaines. Medal of Honor 2 : 4 jours. True Blood Saison 1 : 7 épisodes en une nuit, les 6 autres le lendemain dès le réveil. 6 saisons et demi des Sopranos : 4 soirées max pour chaque. Six Feet Under, pareil. Twin Peaks, un week-end suffit. Je ne vous cause même pas des bouquins finis en une nuit, encore moins des séries bédé avalées d’une traite.

Amis de l’immersion, bonjour donc, et voici une nouvelle maousse trouvaille : après les œuvres télévisées destinées à être appréciées une fois par semaine durant 8 ans agglomérées dans le cerveau en moins de 3, ACADEMIC EARTH offre désormais la possibilité de se manger de la même façon des semestres de cours de quelques universités américaines parmi les plus prestigieuses (Yale, MIT, Standford…). Ouais, voilà : chez soi, en pyjama, occupé à rouler ses crottes de pif sans risque de se ramasser une craie sur le coin de la tronche, on peut suivre des cours accélérés de philosophie, d’astrophysique, de littérature anglaise, etc… C’est plutôt vivifiant, une certaine idée du meilleur web. D’autant qu’on peut hurler des insultes aux profs, on ne risque pas de se taper des punitions au bic à 4 couleurs.

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Death from Above

30/03/2009 à 14:21

Par Le Patron, roi de l’angoisse pop

untitled« En gros, on ne sait rien. Nos prévisions se sont avérées fausses et peut-être que cela va nous obliger à totalement remettre en cause ce que l’on pensait savoir du phénomène. » Je ne sais plus où j’ai lu ça, ni quels en étaient les termes exacts, mais c’est en gros ce qu’on été forcés de conclure une brochette d’astrophysiciens de haut vol, après qu’une supernovae leur ai joué une grosse blague cosmique.

C’était linké à un autre article, encore plus vertigineux, que je ne retrouve plus non plus. C’est que sont des blagueuses, les supernovae, bien aidées dans la gaudriole par l’espace-temps. Ainsi des savants, me semble-t-il britanniques, ont émis l’hypothèse que certaines espèces disparues de la préhistoire n’avaient peut-être pas été radiées sur la surface de notre planète par les effets secondaires d’une chute de météorite ou d’une quelconque épidémie virale mais bien par les rayons cosmiques d’une supernovae.

Le problème, c’est que lorsque les rayons d’une supernovae nous atteignent, hé ben, la supernovae, elle n’existe éventuellement plus depuis des millions d’années. C’est-à-dire qu’Hollywood et les catastrophistes ont beau inventer des centaines de scénarios où Bruce Willis sauve l’humanité en enfonçant un suppositoire atomique dans la dangereuse surprise matérielle venue d’ailleurs; dans la réalité, c’est plus radical : tu es là, le rayon invisible dégagé il y a des millions d’années passe sans prévenir, tu n’es plus là. Et tu ne peux strictement rien y faire, même pas le prévoir !

Amis de la sale petite descente du lundi, je vous aime aussi.

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Un petit clip vaut mieux que deux longs…

20/03/2009 à 18:39


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Petit Sonar

14/03/2009 à 14:18

Par le Patron, 16 hour party people (le reste, il dort)

pfile_fr_highlight47932C’est cool, pour le week-end prochain, on s’est dégotté une activité parfaite pour se mettre la tête à l’envers : le BEMF, « petit Sonar » au Bozar initié par Darko. On y dansera les bras en l’air et de l’amour dans les yeux sur Danton Eeprom, Supermayer ou Guy Gerber mais on pourra aussi assister à des concerts plus traditionnels (voire même assis) de Principles Of Geometry, Black Dog ou Cosi Fanni Tutti. Entre beaucoup d’autres. A une petite semaine du coup d’envoi, quelques réflexions de Monsieur le Curateur.

Darko : Officiellement, je suis “artist in residence” au Bozar, qui est une entreprise très lourde. Il y a parfois des clashs mais de façon générale, j’ai rarement rencontré des gens aussi ouverts d’esprits. Ils ne me posent jamais de question sur ma programmation. Mes motivations sont claires, ce que je veux amener au Palais, c’est le plaisir d’écoute de la musique. A la différence de la musique de “danse”. Personne ne danse dans son salon sur Amber de Autechre. On écoute du Millimetrik, on rêve sur du Svarte Greiner ou du Black Dog sans pourtant avoir envie de se lancer à corps perdu sur le dancefloor. En ce qui me concerne, je suis très excité par les concerts “assis” que j’ai programmé, Dopplereffekt, notamment. Ce serait cool de voir Kraftwerk dans ces conditions, non ? C’est un peu l’esprit. Toute la bande à Raster Noton est présente le dimanche et chose étonnante, les préventes marchent vraiment bien. Alors que c’est du très pointu. On ne donne pas assez de place à l’avant garde et au contemporain. Je crois que le Palais est l’endroit rêvé pour cela, même si évidemment rien n’est aussi simple …

Tu participes en fait au dépoussiérage de l’institution ; avec le changement de logo, le shop, quelques ouvertures vers des choses intéressant moins les vieux messieurs en lodens verts…

Il est évident que je fais partie des « projets » qui amènent une autre image, un autre public, au même titre que It’s Not Only Rock’n Roll et les expos à venir de Wim Delvoye ou Sophie Calle, etc…

L’idée de l’électronique dans un lieu de culture plutôt officiel, c’est une question de hasard et de disponibilité de l’endroit ou il y a quelque chose de plus réfléchi derrière ?

Il y a plusieurs aspects. Tout d’abord le fait que j’en ai ras le bol que l’on soit encore à l’âge de pierre de la Techno à Bruxelles. Quand on voit ce qui se passe à Gand ou Anvers (sans parler des autres pays) en terme de musique et de culture, il y a de quoi frémir. Il faut savoir qu’en Flandres, des festivals du genre 10 Days Off sont en partie subsidiés par le Gouvernement Flamand. Ce qui contribue à l’image d’une Flandre moderne qui « comprend » les jeunes et accepte le fait que la musique électronique, c’est aussi de la culture, qu’il y a aussi des gens qui travaillent derrière. Ici (et ça fait des années que je le dis), on n’a pas de dialogue. Un DJ, c’est quoi ? Pour moi, un DJ est considéré comme un clown. Définition : personnage grotesque très maquillé ayant la fonction de faire rire (dans un cirque).  Par extension, personne comique, pitre, un peu ridicule, ça vous rappelle quelqu’un ? Alors oui, un DJ au Bozar,  ça anoblit un peu. Ca le rend plus sympathique et tout d’un coup plus intéressant. En fait, je milite (sans vraiment revendiquer quoi que ce soit) pour l’établissement d’une vraie culture électronique à Bruxelles. Que ce soit en terme de DJ ou VJ ou artistes multimédias.

Il y a de sacrés bambocheurs sur l’affiche. Était-ce important pour toi de mélanger des fêtards à des choses plus pointues ?

Une fois de plus, c’est le lieu et les salles qui ont défini la programmation. Si j’avais monté un festival à Tour & Taxis, je n’aurais pas pu programmer les mêmes choses. Il faut savoir que l’accès est très limité au Palais. 1500 à 2000 personnes par jour. Quand je fais une Statik on est environ 1000. Ce que j’espère, c’est que les gens vont oser franchir les portes du Palais pour y découvrir ce qu’on a à leur offrir.  Il est évident que l’on manque cruellement de lieux à Bruxelles (encore plus quand on est DJ… mais non m’sieur je vous assure, c’est pas ce que vous croyez).  Surtout, il y a le fait que, en ce qui me concerne, la musique est faite pour être écoutée et non entendue. Elle est faite pour être vécue dans diverses positions, pas uniquement debout, une bière à la main. Réfléchissez simplement aux endroits où vous êtes le plus accessible pour écouter de la musique ? Fauteuil, Train, Avion, Voiture… Les salles des Bozar sont construites pour écouter de la musique, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas y écouter Kraftwerk dans l’absolu, Dopplereffekt ou Alva Noto le week-end prochain. En tous cas, de mon côté, c’est ce qui m’excite le plus.

Cela fait longtemps que tu traînais l’idée d’un festival ? Quels sont tes modèles ? Tes contre-exemples ? On entend dire que Bruxelles a maintenant son petit Sonar en parlant du BEMF, qu’en penses-tu ?

Je suis ravi si les gens disent ça. C’est exactement mon but, Sonar, Mutek, DEMF, sont des exemples et des contre-exemples. J’ai voulu prendre le meilleur de ce que j’ai vu / vécu, en y ajoutant une dimension autre. Les murs du Palais sont pour beaucoup dans le choix de programmation. On peut autant y faire du moderne que des DJ au sens primaire du terme.

Une affiche pareille dans un tel lieu, ça crédibilise donc une culture encore souvent méconnue, voire honnie, ça attire l’intention de tout un public et de médias à priori pas intéressés. As-tu rencontré quelques réactions amusantes de vieux barbons ou de journalistes spécialisés musique et néanmoins complètement ignares ?  

J’ai eu plutôt de bonnes surprises que de mauvaises. Il y a toujours des journalistes qui ne connaissent pas leur sujet mais… J’ai fait une vingtaine d’interviews et ce n’est pas fini, on a des demandes de tous les côtés. La bonne surprise, c’est que ça ouvre des portes à d’autres personnes pour faire des choses similaires. Pierre de Muelenaere de Musiq 3 a fait un mix superbe qu’on peut écouter en podcast. Je cite cet exemple mais je pourrais aussi citer un journaliste de De Morgen (Dirk Steenhaut) qui le premier a écrit un article très complet et très réfléchi. Je me dis que ces gens là ont tout compris et ça me rassure. Après, il y a la catégorie des gens qui sont journalistes dans la musique ou en radio mais n’ont jamais entendu « cette » musique, jamais entendu parler de la « minimale ». « C’est quoi la minimale ? » est une question qui revient souvent et après, ils sont tout étonnés d’apprendre que Stockhausen et Kompakt sont liés. Ah …  Quel manque d’éducation et surtout de curiosité chez certains. Mais dans l’ensemble, j’ai été agréablement surpris de l’enthousiasme général.

infos : http://www.bozar.be/activity.php?id=8751

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Here we go go go!

09/03/2009 à 11:46

Par le Patron, heureux qui comme papa a pondu un beau chiard

nosferatuComme on vous l’explique dans l’édito le plus cash de l’histoire de l’édito de presse, ça n’a pas été qu’une partie de plaisir, cette affaire. Monter un magazine sans le moindre budget et en quelques mois seulement (la durée lambda d’un lancement est de un an !) n’est pas une sinécure. Mais soit… On vous l’avait promis pour février, il est là début mars : Chupacabra Magazine numéro Zéro/Un est disponible depuis ce week-end !!! Et pour le prix, contrairement à annoncé il y quelques semaines –Radiohead style- c’est comme tu veux (entre 1 et 5 euros !)

Plus court, lo-fi et in your face que prévu, le mag est constitué de 6 textes, s’attaquant chacun à un sujet n’ayant parfois plus qu’un rapport très ténu avec la culture, à fortiori rock. La problématique des champignons hallucinogènes au regard des nouvelles lois hollandaises ou l’ambiance morose à Goa juste après les attentats de Bombay, c’est autre chose que quelques liens YouTube postés ici pour le plaisir des yeux, n’est-ce pas ! On parle aussi de la fille de Joe Strummer et de sa passion pour la couture et les petits gâteaux, du revival de musique psychédélique, de la lutte mexicaine et de la no wave d’hier et d’aujourd’hui.

Un peu court ? Comme disaient les Cramps, « mieux vaut des morceaux courts qui donnent envie de se réécouter que des longs trucs qui fatiguent avant même d’être finis ! ». Pour la suite, le numéro 2, prévoyez juin-juillet. Avec sans doute l’une ou l’autre surprise avant et une activité désormais plus suivie sur ce blog…

http://store.chupacabramag.com/orders/new?magazine_id=1

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The Queen is Undead

01/03/2009 à 15:26

Par les Coiffeurs pour Dames, fans du cheveu mauve

fabilight31

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Yeux Rouges

20/02/2009 à 10:49

Par le Patron, cinéphage à kleenexs

Brad Pitt, acteur à 3 gimmicks : grimacer grunge dans des films pour nerds cyniques et révoltés (Fight Club, Snatch, Kalifornia, Inglorious Basterds bientôt…), faire son Michael Vendetta dans des DVD à offrir à mémé (Ocean machin chose, Burn after mes couilles, Thelma & Louise get laid…) et enfin, jouer de la tronche de chien battu dans des trucs pour faire pleurer les meufs  (Meet Joe Black, Légendes d’Automne…).  A noter qu’El Pitto a aussi réussi un film où il grimace grunge en tirant une tronche de chien battu afin de faire pleurer les nerds cyniques et révoltés, c’était l’excellent The Assassination of Pete Doherty by the Coward from Razorlight mais si c’était si excellent que ça, c’était à vrai dire principalement grâce à Casey Afleck et Nick Cave.

Avec The  Curious Case of Benjamin Button, on est parti pour faire pleurer les meufs, sur un canevas très Amélie Poulain versus Forrest Gump, voire Philippe Delerm goes To Hollywood (and take Marc Lévy with him). Grande histoire d’amour où ça met des plombes avant de niquer, destinée tragique, « séquences émotion » à tire-larigot : zyva sans hésiter, le gros ballotin de St Valentin !  Comme 90% de la population dotée d’un cœur d’artichaut, je suis malgré tout moi aussi ressorti de là les yeux rouges et une rivière de larmes sorties de ma femme sur mon épaule carrée et protectrice. Magie du cinéma, c’est qu’on marche à fond tant qu’on est devant ! Après, ça fait par contre doucement ricaner. C’est même complètement con et Tonton Le Patron va vous expliquer pourquoi, ATTENTION SPOILERS !!!

Quand il était plus jeune, Tonton Le Patron lisait le magazine Première et y adorait la rubrique des erreurs factuelles, celle où les nerds relevaient des bracelets-montres dans des péplums et les étudiants en cinéma des raccords ratés. Tonton Le Patron y a un jour estomaqué tout le monde en allant bien plus loin que le relevé de tels détails. Tonton Le Patron y a démoli toute la logique du film d’extraterrestres Signs. Pour rappel, les aliens y laissaient des signes dans des champs de blé afin de préparer une invasion massive mais les extraterrestres découvraient qu’ils ne supportaient finalement pas l’eau après que Mel Gibson leur ait balancé des verres de flotte à la tronche et devaient donc abandonner leurs plans de conquête planétaire. Ma remarque, stimulée par mon esprit toujours alerte, c’était de demander où était donc passée la rosée matinale dans ce film où les êtres venus d’ailleurs gambadaient nus des nuits entières dans les champs, du crépuscule à l’aube, sous un climat tempéré ?

ATTENTION SPOILERS bis, je vais ici encore une fois tous vous niquer la réflexion avec cet étrange cas de Benjamin Button. Nous y avons donc un Brad Pitt vieillissant à rebours. Il naît dans le corps d’un homme de 80 balais et meurt dans celui d’un bébé. Au début du film, il est physiquement en très mauvais état mais son cerveau fonctionne correctement. A la fin du film, il est physiquement en bon état mais souffre de démence sénile et perd le souvenir de sa vie pourtant bien remplie, amoureuse et aventureuse. C’est d’ailleurs ce qui rend ce dernier quart d’heure de film si pénible pour les glandes lacrymales. Le problème, c’est que si son corps rajeunit, son cerveau devrait aussi rajeunir. Il n’est donc pas question pour Benjamin Button de souffrir d’une maladie dégénérative du cerveau alors que dans la logique du film, il devrait mourir avec plus de neurones et de synapses bien huilés qu’il n’est né. En fait, il aurait même du naître mentalement handicapé et mourir doté de la psyché effrayante d’un bébé qui aurait 80 ans d’expérience humaine dans les dents. En fait, quand t’as envie de logique dans le délire, t’en appelles aux pros de la science-fiction, pas aux auteurs de romances. Encore qu’alors, on aurait The Fountain et c’est pas forcément mieux !

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GOATSUCKER LOUNGE

18/02/2009 à 23:45


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Extingere Lux (mon latin est nul)

05/02/2009 à 14:53

Par Curtis Honeyboy, Maxence Grugier et Le Patron, trio de pleureuses

Lux Interior, fondateur et chanteur des Cramps, est décédé hier à la suite de complications cardiaques. Sachant que Chupacabra a tout de même failli s’appeler Lux Exterior et s’orner d’un blason au lettrage piqué au groupe, on devine aisément que la nouvelle a laissé plutôt pantois au sein de la rédaction. Plutôt que de débiter en tranches la légende crampesque ou tartiner des platitudes évidentes genre « Lux a rejoint Betty », on vous propose plutôt trois hommages selon les 3 grands axes répertoriés au sein du public des Cramps : les rockeurs respectueux, les clubbeurs belges rigolards et les amateurs de freaks.

Le Clubbeur eighties belge (Le Patron)

J’ai découvert les Cramps sur le dancefloor, à l’époque où dans les discothèques belges, Human Fly passait encore très régulièrement, généralement pas loin dans le mix de Fad Gadget et Iggy & The Stooges. J’ai acheté mon premier album des Cramps principalement pour avoir ce morceau, que j’adorais et adore toujours, il s’agissait de la compilation Bad Music for Bad People. J’aimais pas mal ce disque, sans en avoir vraiment à foutre du groupe, qui me semblait surtout être une belle bande de rockeurs toxs aimés par des tordus à deux neurones englués dans un trip punk-rock clicheton.

J’ai par la suite rencontré des gens qui aimaient les Cramps bien davantage et m’ont en quelque sorte sinon initié du moins ouvert les yeux au génie véritable du groupe. La légende Bryan Gregory, l’icône Kid Congo, ça ne m’intéressait pas. Par contre, tout l’aspect stylistique, ce rapport au kitsch bien davantage intéressant et sain que le second degré cynique typiquement bruxellois par rapport aux cultures bis et marginales m’a considérablement marqué.  Sans les Cramps, je n’aurais peut-être jamais écouté de vieux rock and roll, jamais regardé de films d’horreur avec Vincent Price et encore moins kiffé les nanas à franges. Ouais, on peut dire que je préférais les Cramps sur la forme et pour leurs rôles de passeurs culturels que sur le fond. Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier finalement tous leurs disques sortis entre 1979 et Bikini Girls with Machine Guns. Je garde malgré tout une approche clubbeur, deejay, de leur musique. Un morceau bien choisi des Cramps, c’est une déclaration d’intention, une attentat hédoniste. I’m Cramped ou Human Fly bien balancés sur un dancefloor, ça rend n’importe qui complètement cinglé. Vus deux ou trois fois en concert (je ne sais plus), je garde de Lux Interior l’image du performer ultime, avec Iggy Pop et Fad Gadget.


L’amateur de freaks (Curtis Honeyboy)

Découverts par l’intermédiaire d’un pote, ce brave Pierre, je me suis pris Psychedelic Jungle dans le nez  alors que j’étais à l’Athénée (ce devait être vers 1982/83). Cette plaque m’a filé une mémorable claque. Je ne m’en suis jamais remis! Dans la foulée je me suis procuré à l’arrache tous les classiques, n’hésitant pas à accepter la redondance! Cela doit donc faire plus de 25 ans que je les adule, bien qu’ayant définitivement abandonné leurs aventures après Flame Job. Et quand je dis aduler le mot est quasi faible : ils ont même réussi à dépasser dans mon cœur d’anchois The Ramones, un bel exploit.

Par la suite, la collectionnite s’est aggravée: coupures de presse, bouquins (j’en ai encore acheté un récemment), t-shirts, vidéos, le Rockers de Serge Clerc (une merveille), albums pirates (j’ai failli attraper un strabisme à force de loucher sur ceux de mon pote Tristan), etc… Tant d’artefacts qui attestent de cet amour unilatéral profond. Que dire d’autre? Que les concerts auquel j’ai eu la chance d’assister restent gravés dans ma mémoire, comme étant probablement les plus énergiques et spontanément cintrés jamais vus. Que The Cramps, Lux et Ivy, restons simples, m’ont donné les outils ad-hoc pour creuser dans le cimetière du rockabilly frénétiques, du texas punk, du garage sentant le bayou, et les créatures féroces et lunaires (à ce propos, tâtez de ceci: http://www.demderby.com. Un minuscule magasin, bien drôle). Jamais les Guana Batz, Meteors, Milkshakes (bien que je sois totalement fou du groupe) ou autre Sting Rays ne m’ont provoqué autant d’émois.

Autre souvenir attendrissant pour moi: il y a une quinzaine d’années, je me suis retrouvé avec l’ami Patron  à Montréal… Il n’aura pas fallu longtemps pour nous retrouver face à deux rockers locaux, propriétaires d’un magasine plutôt bandulatoire en la matière du nom de Primitive. L’un des cheums animait une émission sur une radio montréalaise (CKUT?). Le nom? Huuum, Subterranean Jungle. Probablement la seule chose qui se rapproche de l’immense Purple Knife Show de Lux Interior, gravé sur disque et indispensable. Je l’ai toujours à portée de main. Ma plus grande frustration à ce jour vient de prendre des proportions gigantesques: je n’ai jamais interviewé Lux et Ivy.  Probablement car je les aime trop…


L’ex-rockeur respectueux (Maxence Grugier)

1981, j’ai treize ans, la new wave bat son plein et au milieu des groupes de garçons coiffeurs, un combo de sauvages, formé en 1973, dicte toujours sa loi. Son nom The Cramps ! The Cramps, comme les règles douloureuses que subissent certaines demoiselles, mais aussi comme “la gaule”. Celle que la plupart des jeunes types de mon âge ont constamment quand ils pensent aux même demoiselles (et même quand ils ne pensent à rien d’ailleurs). La puberté ça s’appelle. Les Cramps eux, appellent ça le syndrôme “Teenage Werewolf”, le moment où des poils vous poussent un peu partout et où on hurle sous la couette, les nuits de pleine lune. Au milieu des Depeche Mode, Duran Duran, Simple Minds, Big Country, Flock of Seagull, Kim Wilde, Elvis Costello, Blondie et The Cure, les Cramps font figure de rois de la jungle. Avec eux, la jungle est psychédélique, la fuzz tourne à fond les ballons, les percussions sont tribales, le chant tourne au vaudou.

Bryan Gregory, puis Kid Congo Powers, balancent un son si puissant que les cheveux se coiffent en bananes d’eux mêmes, pas besoin de jaune d’œuf, ni de bière. Lux Interior, leader et fondateur du groupe, se produit sur scène à oilpé, une chaussette sur la bite, il fait des gorges profondes à son micro. Rockabilly et 60’s punk, The Cramps réconcilie les canons du rock et sauvagerie garage (qui a dit “Garbage” ?) en habillant le tout d’une certaine élégance new wave, décadente et moite. Le vieux fond blues de Memphis rencontre l’hystérie Angeleno. On parle de psychobilly. Rapidement les Cramps font partie de la légende du rock.

1986, j’ai dix-huit ans. Je collectionne les publications du label New Rose. Un numéro spécial sur les Cramps les présentes dans leur salon de Los Angeles, Wayfarers sur le nez, en plein milieu du quartier latino. Lux Interior raconte que les gars du coin lui montrent du respect, même s’il n’est pas sud américain, car ils sont persuadés qu’Ivy Poison, sa compagne, est d’origine latine. Les deux bêtes du rock racontent aussi leur passion commune pour les vieux films de série B, les histoires de momies, d’extraterrestres mangeurs d’hommes et de morts vivants filmés avec les pieds, les récits de strip-teaseuses enlevées par des monstres en caoutchouc. Tout un panthéon du film de genre US se dévoile, bien avant que cela ne soit la mode, que Tim Burton ne sorte son Mars Attack et autre Ed Wood. Ils parlent aussi de tous ces groupes que je ne connais que de nom grâce aux textes de Manœuvre, de Garnier ou de Nick Kent : les Standells, The Sonics, The Trashmen, Screamin’ Jay Hawkins, The Shadow of Knight, Carl Perkins, Link Wray, Dick Dale, The Ventures…

Je me met en quête de tous ces groupes. Je découvre la série des Peebles, les compilations Texas Punk et autres folies saturées qui s’accordent si bien avec ma découverte du moment, les écossais de Jesus & Mary Chain.

1992, j’ai 24 ans. Je suis à Montréal, pas vraiment la capitale du rock, mais c’est mon premier voyage sur le continent Nord américain. Chez un disquaire d’occasion, je tombe sur le fameux Live à Auckland, le mythique Gravest Hits en édition originale et un fabuleux tee-shirt de Betty Page. J’embarque le tout pour une dizaine de dollars canadiens. Je ne porte plus le tee-shirt que pour dormir, mais je vibre toujours (et fais vibrer les autres) sur le Human Fly de Gravest Hits, première sortie officielle des Cramps. Cinq titres emblématiques (et pourquoi pas “séminaux” d’ailleurs, puisque certains ont eu la chance de lâcher la purée dessus, pas les Inrocks bien sûr…), qui définiront la philosophie du groupe, hommage et pastiche, destruction des canons du rock et respect.

2009. Je réécoute du rock. Comme tout le monde non ? Quand on annonce la mort de Lux Interior, à 60 balais, d’une crise cardiaque, c’est le silence. Un type dont on imaginait jamais qu’il meure un jour nous a quittés. Lui qui jouait continuellement avec la mort, les hommages au film de morts-vivants, les Back From The Grave, les Look Mom, No Head !, vient nous rappeler que ça ne rigole plus, qu’on ne se relève pas toujours de ses excès. La cave, quand on y est, c’est une fois pour toutes.

Un peu plus ici : http://www.pop-rock.com/breve.php3?id_breve=1740

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